La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

Mon parcours 

Mes formations

 

Mes inspirations

  • La Danse des 5 Rythmes
  • L'haptonomie
  • La théorie de l’attachement de Bowlby 
  • Des ateliers avec Bill Cahen, Jan Janssen, André Bajot, Paul Verstraeten
  • Des cérémonies avec des chamanes d'Amérique latine 
  • Des livres qui sont plus que des livres : De l'Abandon de Eric Baret; Le Processus de la Présence de Michael Brown; L'Acceptation Profonde de Jeff Foster; Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu es de Marc Pistorio; L'Observation de Soi de Red Hawk; L'aventure intérieure de Darpan; La biologie de l'amour et Le cri primal de Arthur Janov

 

Mon parcours

« Vous n'avez pas de destin supérieur ni plus heureux que la réalisation de votre nature profonde » Guy Finley

Je m'appelle Florence Davidts et depuis toujours je suis passionnée par le besoin de comprendre le fonctionnement humain, la question de l'amour et du sens de la vie. Le désir de me lancer dans l'accompagnement est devenu une évidence en 2003. J'ai dès lors suivi plusieurs formations dont la direction a changé au fur et à mesure de mon propre cheminement intérieur. J'ai commencé avec des formations plus mentales comme le coaching pour finalement me tourner de plus en plus vers du corporel : d'abord le massage et l'énergie, et puis le mouvement et la danse, ainsi qu’une pratique régulière d’haptonomie. Plus récemment encore je me suis intéressée au fonctionnement du cerveau et des mécanismes de survie, la partie qui est souvent malheureusement le gros absent de la plupart des approches. Ma curiosité m'a menée dans toutes les directions, autant vers la psycho classique, que les thérapies alternatives ou encore le chamanisme et la spiritualité, et je me suis rendue compte que tous ces courants pris séparément sont tous incomplets, mais par contre quand on fait des ponts entre eux, le puzzle se met en place. Ces multiples approches m'ont permis de saisir que nous fonctionnons de manière holistique et qu'un travail complet nécessite de prendre en compte le mental, le corps, les émotions, notre personnalité, nos mécanismes de survie et notre être. J'ai donc mis au point cette pratique en me basant sur tout ce que j'ai appris en formation, sur mes nombreuses recherches, mais aussi sur mes compréhensions vécues et basées sur mes propres expériences. L'assemblage du puzzle m'a donné une vision globale que j'ai finalement retrouvée dans les livres d'Arthur Janov : notre besoin le plus fondamental pour construire notre équilibre et notre sécurité intérieure est l'amour de nos parents. Les insécurités ressenties par notre organisme depuis notre conception et les premières années de notre vie vont créer des blessures narcissiques et/ou affectives. Et quand notre organisme se sent en insécurité, il y a immédiatement une réponse instinctive avec des mécanismes de défense pour se couper des souffrances accumulées et avec des comportements stratégiques pour tenter d'obtenir quand même une réponse à nos besoins d'amour. Ces défenses et comportements se mettent en place dès notre naissance et vont constituer la base de notre "moi de survie" qui n'est donc pas qui nous sommes vraiment : c'est une structure qui fonctionne en vase clos, totalement séparée de notre essence et de notre âme. Le moi de survie inclut donc notre personnalité, notre mental (ego), nos comportements, nos mécanismes de défense, notre gestion émotionnelle et notre manière de communiquer.

Pendant toutes ces années j’ai suivi des formations, des stages, des ateliers, j'ai testé plein de méthodes d'accompagnement différentes en tant que patiente, tout cela sans avoir trouvé une aide professionnelle qui permette une vraie libération. J'ai donc dû par la force des choses chercher le chemin à travers mon intériorité, en avançant dans le noir sans savoir où j'allais ni comment y aller. En fin de compte je me suis rendu compte que ce sont mes ressources intérieures qui m'ont indéniablement menées au bout du processus : ce sont les ressources de la Présence qui sont au cœur de la pratique que j'ai mis en place. Même si il y a des différences, la base de ma pratique est la même que chez Darpan, Mickaël Brown, Eckart Tolle et Richard Moss car il s'agit en réalité de facultés d'auto-guérison que nous possédons tous en nous de manière naturelle mais qui sont difficiles à connecter car notre ego résiste à ce face-à-face avec lui-même qui le mènera inéluctablement à son démentèlement. Ces ressources sont donc plus que des ressources, elles sont les ingrédients même qui permettent de vivre l'alchimie intérieure et la transmutation du moi de survie vers notre être réel. 

C'est vers mes 12 ans j'ai commencé à m'auto-observer : j'avais cette conscience que mes difficultés relationnelles avec les autres - surtout à l'école - ne venaient pas des autres mais de moi et de mes comportements. J'étais dans un état de repli sur moi, introvertie et je n'avais pas grand chose à raconter, surtout que je trouvais les discussions très superficielles et je n'arrivais pas à communiquer mon monde intérieur vers l'extérieur, il y avait comme un blocage que je ressentais en moi. C'est donc sans me rendre compte de ce que j'étais en train de faire mais grâce à ma pratique d'ancrage dans mon corps que j'ai fais spontanément et de manière continue depuis le début de mon adolescence (et que je ne cesserai jamais de pratiquer), que je me suis petit à petit reconnectée à mon être réel. Chaque fois que je vis un moment émotionnel difficile ou un conflit avec une autre personne, je fais mon auto-observation : je ressens à l'intérieur de moi ce qui est touché (je me sens invisible, rejetée, etc.) : cela m'a amené à prendre conscience de mes blessures. Ensuite je vois comment j'ai réagi et j'essaie de saisir pourquoi j'ai réagi de la sorte : cela m'a amené à prendre conscience de mes mécanismes de survie (fuite, immobilisme, coupure émotionnelle, etc.) et avec beaucoup de pratique j'ai fini par sentir mes défenses dans mon corps au moment même où elles s'activaient et après un partir d'un certain temps de pratique (qui se compte en de nombreuses années) je pouvais choisir ma réponse en toute conscience à la place de mon cerveau reptilien de survie. Ensuite je me demande comment j'aurais pu agir autrement ou ce que j'aurais pu dire et dans la mesure du possible je rattrape le coup après : en sortant de ma zone de confort, j'ai ressenti dans mon corps des peurs monter en moi. J'ai donc compris que ma personnalité me protégeait d'entrer en connexion avec des peurs inconscientes. Et pire encore que cela, j'ai réalisé que mes comportements de repli et de distance me menaient inéluctablement à ce que je redoutais tant : le rejet. C'est la définition de base de ce qu'on appelle la névrose en psycho mais je lui préfère le mot plus terre à terre d'être insécurisé. Il est plus confortable de se dire que ce sont les autres qui nous rejettent plutôt que c'est notre personnalité elle-même qui induit cela en trouvant plein de raisons assez flatteuses pour notre ego (je suis trop intelligent, je suis trop différent, je suis mieux qu'eux) et on peut le croire toute notre vie si on ne s'auto-observe pas. L'auto-observation est sans concessions, il n'est plus possible de se raconter des salades, nous sommes face à nos zones d'ombre, à tout ce qu'on ne veut pas voir en soi. Richard Moss, Arnaud Desjardin, etc disent tous qu'il faut un moi solide pour faire ce chemin spirituel et je ne peux qu'abonder dans le même sens. C'est HYPER confrontant ! Un moi beaucoup trop fragile ne peut pas se voir en face, c'est pourquoi les personnes les plus toxiques ne se remettent jamais en question, car ce sont elles qui ont un "moi" le plus fragile qu'il soit, ces personnes n'ont plus qu'une carapace mais un château fort.

A force de passer mon temps à sortir de mes zones de confort, mes défenses lâchaient, mes peurs aussi puisque je les avais ressenties et finalement je pouvais choisir de plus en plus facilement ma réponse en toute conscience dans l'instant même où l'événement se passait, c-à-d de plus en plus dans une attitude d'assertivité au lieu d'être dans la réactivité (la paralysie et l'immobilisme étant mon mode défensif privilégié). C'est tout sauf un travail agréable pour notre ego car du coup on commence à voir nos zones d'ombre. Mais comme très tôt cet auto-observateur était tellement naturel et spontané, toujours présent à l'arrière plan, je n'avais aucun jugement sur tout ce que je voyais, la désidentification avec mon personnage était déjà présent sans même m'en rendre compte car je n'avais jamais rien lu à ce sujet : il y avait clairement une présence continue qui observe mon ego comme sujet d'observation. Il est devenu rapidement assez évident que tous mes comportements n'étaient pas celle que j'étais vraiment car je voyais clairement que tous mes comportements dans le trop ou le trop peu (mes défauts en somme) étaient tous de l'ordre de la survie. 

C'est donc grâce à ce positionnement de responsabilisation que petit à petit j'ai pénétré dans des zones de plus en plus profondes en moi, je me suis reconnectée à des vérités absolument insoupçonnables, j'ai découvert une cohérence dans cette complexité et surtout je me suis rendu compte que le monde extérieur était comme un miroir réfléchissant de mon monde intérieur : les souffrances et les émotions que je vivais dans mes relations étaient en réalité l'expression de MA souffrance. Pour moi, tout a basculé lorsque j'ai vécu à 23 ans une relation de trois ans avec un homme qui avait des défenses narcissiques et manipulatrices (je me refuse à utiliser le terme de "pervers"), j'étais complètement sous son emprise. Presque tous mes côtés en trop ou trop peu étaient littéralement opposés aux siens, c'est ce que j'appelle les polarités : il était mon miroir inversé. Je ne prenais pas du tout de place, j'étais la fille invisible et lui il prenait toute la place, on ne voyait que lui quand il entrait dans une pièce. Ma colère était refoulée et lui il n'était que colère. J'étais la naïve trop gentille totale qui ne voyait le mal nulle part, lui il imaginait toujours les pire intentions chez tout le monde et faisait fuir les gens à force de provocations. Je ne vais pas toutes les énumérer car il y en avait beaucoup, mais ce que j'ai pu observer c'est que c'est parce que j'ai expérimenté mon miroir inversé que tous mes côtés en trop ou trop peu ont commencé à s'équilibrer vers le centre, que j'appelle le point zéro. Je ne l'ai pas fait moi-même, ça s'est fait, je l'ai juste conscientisé. J'ai donc compris que malgré toute cette souffrance que j'ai traversé avec cette relation, il a été LE déclencheur de mon évolution et d'un vrai changement dans ma personnalité. Je n'ai donc jamais eu de rancune à son égard car je savais que cette histoire n'était pas un hasard. De plus cet homme a réveillé toutes mes blessures et mes manques qui étaient profondément masqués jusque là, et avec lui j'ai basculé dans ma stratégie originelle et mon système défensif a commencé à sérieusement se fissurer. Avant lui j'avais une couche supplémentaire de carapace qui m'avait permis d'éviter de me retrouver dans un positionnement de vulnérabilité : c'était moi qui avais la position de contrôle sur le lien par ma distance et mon inaccessibilité, ce qui faisait souffrir les hommes et surtout qui me tenait à distance de ma propre souffrance. C'est une stratégie d'évitement totale de vivre des relations qui ne nous confrontent pas à nos réalités des profondeurs, j'appelle ça les relations d'évitement. Ce sont des relations non équilibrées objectivement mais qui peuvent "fonctionner" un certain temps mais surtout qui nous épargnent totalement de renouer avec une position vulnérable. A 23 ans, j'ai commencé à me reconnecter à ma vulnérabilité : il a réveillé mes manques affectifs dont je m'étais totalement coupée et dont je n'avais jamais eu la moindre conscience jusque là, ce qui a eu comme conséquence que ma carapace avait lâché un gros morceau. Et quand la bête est réveillée, on ne peut plus l'endormir : à partir de cette histoire ma position d'invulnérable était définitivement du passé, je suis alors tombée dans une succession sans fin de schémas répétitifs qui venaient systématiquement me faire revivre le même scénario. C'est vers la fin de ma vingtaine quand j'ai réalisé l'existence de ces schémas répétitifs qu'a commencé ma quête au finish pour me libérer de ma blessure de rejet, je sentais intuitivement que c'était cette blessure qui me menait pas le bout du nez. Sauf que je ne trouvais nulle part comment faire pour sortir de la répétition, ni dans les livres, ni sur internet, ni chez les praticiens que je consultais tout en continuant d'avancer avec ma pratique d'auto-observation et d'ancrage dans mon corps. 

Dans ce chemin initiatique et alchimique, la première structure défensive egotique qui a complètement lâché c'est mon mental. L'ego est ultra identifié à ses polarités, c'est comme ça qu'il se définit car il y a un gros enjeu de rejet du pôle opposé, cette part de nous qui est terrifiante. Cette identification maintient l'ego dans l'illusion de la dualité, donc tant que nous avons des polarités en nous, le mental sera identifié, ce qui nous maintient dans la séparation avec nous-même. Suite à mon histoire de mes 23 ans, toutes mes polarités étaient revenues à l'équilibre mais il en restait une, la plus robuste de toutes : mon pôle "indépendante". C'était mon identité tout entière, celle que j'étais, mon étiquette que je revendiquais être continuellement. J'étais identifiée parce que j'étais dans le rejet total de toute dépendance en moi ce côté terrifiant, et du coup je ne supportais pas les dépendants affectifs qui me faisaient fuir, leurs attentes venaient me montrer mes besoins réels dont je m'étais coupée dès ma naissance avec mon passage en couveuse. Quand la souffrance n'est pas soutenable notre cerveau reptilien opte pour un mécanisme de défense et chez moi ce fut : l'attachement évitant. J'étais terrifiée à l'idée de m'ouvrir vraiment par terreur de la perte, de la coupure, du rejet que j'avais vécu à ma naissance par conséquent j'avais un mécanisme de défense de contrôle de moi à l'extrême : distance, inaccessibilité. L'indépendance est le pôle qui permet de se couper de son affect pour éviter à tout prix de sentir ses besoins d'amour, et donc ses souffrances refoulées. Dans mes forces psychiques inconscientes m'ouvrir au lien, c'était prendre le risque de mourir (je l'ai compris mentalement des années avant de le ressentir dans mon corps). A 33 ans, suite à une nouvelle expérience ultra confrontante j'ai basculé dans l'acceptation de mon pôle rejeté de dépendance, cette dernière identification de mon ego à propos de qui je pensais être : en réalité je ne suis ni indépendante ni dépendante, et je suis les deux à la fois. Mon identité mentale, l'"image" de mon "moi" s'est littéralement écroulée comme un château de carte : si mon indépendance n'existe pas en réalité, alors il ne me reste désormais plus aucune image à propos de "moi". Sans images, que me reste-t-il : mon être, et il n'y a rien de plus à ajouter à cela. Ce fut un choc et c'est ma deuxième étape de profonde transmutation car l'expérience "je suis" est une perte totale de repères, elle marque la fin de la dualité dans notre mental et le début du sentiment d'unité... Depuis ce jour il n'existe pour moi plus que mes comportements et mon ressenti dans l'ici et maintenant, il m'est impossible de me "qualifier" en quoi que ce soit. Le "je suis" est la fin radicale d'avoir des pensées mentales à propos de "moi" comme étant ceci ou cela (par exemple "je suis trop gentille" ou "je suis hypersensible" ou "je suis nulle"). Que ce soit des images positives et valorisantes ou des images négatives et dévalorisantes, je n'ai depuis mes 33 ans plus jamais ce type de pensées car je n'ai plus aucune croyance à propos de moi, il ne m'est plus possible de m'identifier dans une étiquette que je vivrais désormais comme une véritable prison, une sorte d'enfermement qui me tient éloigné des autres qui seront donc nécessairement considéré comme différents de mes étiquettes construites dans mon mental. Les étiquettes nous maintiennent dans l'illusion de la séparation. Alors que depuis cette expérience dans mon esprit nous sommes tous des êtres humains. Les différences sont trop superficielles que pour s'y attarder un instant. Mon identité ce ne sont pas des images, ça ne se situe pas sur le plan du mental, c'est un sentiment d'être. Et tant que ce sentiment d'être n'est pas connecté, les identifications mentales à des étiquettes sont un système de compensation pour éviter ce vide de n'avoir aucune image mentale à propos de soi. C'est un basculement total de repères et de paradigme qui ne peut donc pas être compris par le mental, il ne peut être que saisi par l'expérience. Voilà une des lois sur le travail sur l'ego que j'ai expérimenté dans mon corps : pour vivre l'unité avec la Totalité, il faut d'abord vivre l'unité à l'intérieur de soi et l'empêcheur de saisir cette réalité c'est notre ego et ses rouages d'identification, de rejet de ce qui est, dans la volonté et le contrôle. J'avais donc 33 ans et je ne pouvais plus m'identifier à quoi que ce soit, c'était devenu limpide que toute idée que j'avais à propos de moi n'était pas qui j'étais vraiment, avoir une image à propos de soi ce n'est jamais qu'une image, une illusion : par contre ce qui est réel c'est ce que je ressens dans mon corps, là où tout est impermanence et où rien n'est figé, là où tout est mouvement, à chaque instant tout est ce qui est, parfois je suis triste, parfois je ris, … rien de tout ça ne me définit car tout cela vient et puis s'en va. Et ne plus avoir d'étiquette c'est être à la fois rien… et tout. Le vide est hyper flippant pour le mental car il veut tout catégoriser : le bien et le mal, le positif et le négatif, ça j'aime et ça je n'aime pas, je veux ça et je ne veux pas ça, je suis ceci, je suis cela. En spiritualité on appelle cette expérience le "je suis" ou la non-dualité. Mais comme j'ai toujours cherché à faire des ponts entre toutes les disciplines, au niveau psychologique cette expérience constitue une réparation narcissique par la fin de l'identification à des "images", à un "moi idéal", et à des polarités qui maintiennent nos conflits intérieurs vivants. Au niveau des mécanismes de défense, le mental cesse alors de jouer son rôle en tant qu'organe de défense du moi, il n'a plus besoin de catégoriser, d'étiqueter, de projeter ses propres blessures sur les autres, de rejeter les autres qui incarnent ses pôles rejetés en soi, de lutter pour la préservation d'une quelconque image de soi. Ce n'est pas tout, non seulement j'ai vécu un basculement total de conscience au niveau mental avec la fin de la dualité mentale ce qui est une expérience en fait très libératrice et mystique, j'ai alors basculé dans un pôle de foi en la vie à l'extrême. Mon ego croyait être arrivé quelque part, et que cette fois ça y était, c'est la fin des schémas répétitifs, c'est sûr et certain, tout est sous mon contrôle ! Et qui dit polarité dit excès et déséquilibre. Du coup quelques mois plus tard, rien n'avait changé, c'était toujours la galère des schémas répétitifs et alors la vie m'a fait plonger dans cette nouvelle perte de repère totale de mon ego : tu ne contrôle rien du tout ma petite, c'est une totale illusion. Jusque là je croyais être celle qui contrôlait ma vie, celle qui peut obtenir les choses que "je" veux par ma lutte et ma volonté (=survie). Pour la première fois de ma vie, ça ne "fonctionnait plus". Basculement total. Je ne contrôle rien, je suis dans une machine infernale sans bouton stop qui ne me lâche pas d'une semelle en me faisant plonger non stop hors de mes zones de confort, tout m'échappe. Et ça c'est beaucoup moins drôle : j'ai traversé la nuit noire de l'âme, la perte de foi totale en la vie, en l'univers et le désespoir absolu car perdre son illusion de contrôle est vraiment terrible à vivre : si c'est pas moi qui contrôle alors c'est le chaos, rien n'a de sens, tout est soumis au hasard. C'était terrifiant de traverser cet état. Il y a une petite mort du moi à ce moment là. Jusque là je croyais être le capitaine à bord du bateau qui contrôle la direction, mais la foudre a détruit les outils de navigation, je n'ai pas eu d'autre choix que de me laisser emporter par le vent et les vagues. Le lâcher-prise ne se choisit pas, c'est la vie qui nous fait plonger dedans, c'est le processus de l'élastique qui se tend : il se tend, nous luttons, nous résistons, nous cherchons à contrôler, nous sommes désespéré et fatigué, et il se tend encore et encore jusqu'au maximum, et un jour il lâche,... il y a alors transmutation. Le chemin initiatique n'a donc RIEN d'une croisière de plaisance (contrairement aux idées véhiculées par le "new age"), c'est un chemin qui nous plonge au cœur de nos résistances afin de les épuiser, et c'est tout notre système de défense qui constitue le barrage. Notre ego, notre mental c'est lui le barrage ! Il ne veut pas aller là, il utilise mille stratégies pour ne pas y aller. Notre mental ne veut vivre que des expériences "positives", il est donc totalement incapable de se mener lui-même à sa libération. Celui qui mène vers la libération c'est donc notre présence, notre âme, le sans-nom, ce sont les vagues et le vent. Au fur et à mesure, j'ai lâché le contrôle et la volonté, dans une attitude de laisser-faire et laisser-être ce qui ne correspond pas à subir les choses mais à suivre le courant, à surfer sur la vague de ce qui est ici et maintenant. Sauf que même si le processus était déjà bien avancé, il n'était pas total. Apparemment le processus ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin.

 

J'ai donc découvert que pour maintenir en place notre coupure avec toutes nos forces psychiques et notre souffrance réelle, nous nous sommes coupé de notre corps. Notre être réel consiste à être ancré dans notre corps, de "ressentir" au lieu de "penser". On dit que le corps ne ment pas, c'est donc lui le passage secret qui nous mène vers le Réel. Notre ego peut se mentir à lui-même (et c'est ce qu'il fait la plupart du temps) en disant qu'il n'a peur de rien. Mais quand on expérimente la peur dans le corps, quand on la sent jaillir en soi, c'est du concret, du perceptuel et du réel, le mental ne peut alors plus se raconter des salades. C'est la traversée de l'ombre comme l'appelle Carl Gustav Jung. Ce chemin spirituel décrit par les auteurs que je qualifie de fiables n'a rien de gratifiant pour l'ego (Jung, Christiane Singer, Darpan, Michael Brown, Eckart Tolle, Jean Klein, Karl Graf Dürckheim, Krishnamurti, Thierry Janssen, etc). Le chemin spirituel est un processus de profonde modification structurelle du moi vers le dévoilement de son être réel (on ne "monte" pas dans les hauteurs et on ne change pas de dimension, au contraire on descend dans les profondeurs à l'intérieur de son corps, dans la grotte sombre et effrayante de nos peurs et nos souffrances). 

Vivre l'unité sur le plan mental était juste une étape. Il restait donc encore à vivre l'unité au niveau du cœur et du corps, là où se logent nos forces psychiques et souffrances affectives. C'étaient elles qui me tenaient prisonnière des schémas répétitifs, car il était devenu limpide pour moi que le fait d'avoir conscience de mes forces psychiques ça ne changeait strictement rien du tout à mon expérience de vie et que les schémas répétitifs continuaient. Désormais à 33 ans, je ne pouvais plus renier qu'il y avait de la souffrance vivant depuis toujours à l'intérieur de moi, et à partir de ce moment où j'ai accepté ma part de dépendance, j'ai commencé à sentir la présence de cette souffrance dans mon corps de manière continue pendant presque 10 ans. La plongée dans mes entrailles a commencé à ce moment là et cette partie du processus est la plus difficile. Il faut avoir construit en soi un ancrage solide pour tenir debout, le bateau affronte alors la tempête ! Peu en parlent, mais j'ai trouvé cela chez trois auteurs que j'aime beaucoup : Christiane Singer : Histoire bouleversante et Rien ne nous est donné pour nous écraser, Michael Brown et Darpan : souffrir intelligemment et la mort de qui nous croyons être. Il s'agit ici de revenir à la racine, dans les souffrances originelles engrammées dans notre corps. Il m'a fallu 10 ans de plus, et on y plonge couche par couche, c'est une vraie traversée du désert. L'outil alchimique qui me manquait c'était l'acceptation inconditionnelle émotionnelle. J'avais appris à traverser mes expériences et à voir leur sens, mais par contre je fuyais toujours de plonger dans mes souffrances, ça me terrifiait. C'était ma dernière grosse résistance. De mes 33 ans à mes 39 ans j'évitais de rester deux soirs de suite seule chez moi, c'était comme si un monstre allait me happer par la jambe et me faire tomber dans un grand vide. Arthur Janov explique magistralement à quel point notre cerveau et notre organisme luttent en continu à notre insu pour éviter cette reconnexion. J'ai cessé de fuir vers 39 ans, j'ai accepté de plonger en moi et je me suis enfermée presque tous les soirs pendant des mois en passant au moins 30 minutes chaque soir à ne rien faire et dans le silence pour juste ressentir (sans la télé, ou le GSM qui sont de très bonnes stratégies de déjouement). Après trois mois d'isolement et suite à un nouvel événement j'ai fini par reconnecter ma souffrance du rejet : je l'ai sentie dans tout mon corps. Après ça j'ai enfin rencontré l'amour avec un grand A, mais en réalité je n'avais pas tout libéré, j'avais libéré une petite couche seulement. A 43 ans je l'ai perdu définitivement. Je suis arrivée au bout de deux process : le premier c'est que ma stratégie de survie a littéralement pété : j'ai abandonné la position de celle qui lutte pour avoir une place tout en n'existant pas et en ne prenant pas de place, j'étais allée au bout de ce schéma répétitif, à rejouer non stop ce même rôle pendant tant d'années, l'élastique a pété, j'ai lâché mon rôle, cette fameuse stratégie que mon instinct de survie a pris en espérant avoir de l'amour et en même temps en me protégeant de mes souffrances. Le bouton stop n'est pas un choix mental (ça ne marche pas, j'avais déjà pris plein de fois la décision mentale de ne plus rejouer mon rôle) c'est vibratoire parce que c'est l'élastique qui lâche, c'était la claque en trop, celle que je n'ai plus supporté jusqu'au fond de mes tripes et j'ai senti de l'énergie envahir tout mon corps. Le deuxième process est émotionnel, j'ai été alors aspirée dans le fond du fond de mes entrailles, j'ai traversé toutes mes souffrances à l'état brut : la solitude, les manques affectifs, l'indifférence puis le vide. Aucun moyen de fuite ne m'était possible : j'étais seule chez moi et sans boulot, j'ai traversé consciemment malgré que certains dans mon entourage m'incitaient à fuir comme prendre des anti-dépresseurs, mais même si j'avais voulu fuir je n'aurais pas su, mon système de défense n'existait plus, plus de fuite, plus de lutte, plus de contrôle.  J'étais littéralement avalée, aspirée dans ce tourbillon de souffrance sans aucune autre alternative que de la traverser. C'est ce que Janov appelle une reconnexion. Ou en spiritualité on l'appelle la mort du "moi". C'est de l'ordre de l'insupportable tellement c'est douloureux. J'étais dans un état de vulnérabilité absolue sans ma carapace. J'étais dans le vide. C'est de nouveau un changement de repères très profond qui s'opère. C'est une reconnexion à l'amour de soi, ce fameux amour inconditionnel dont on entend beaucoup parler sur internet : en retrouvant sa vulnérabilité (son cœur) et en n'acceptant plus de se perdre soi pour obtenir de l'amour des autres, en n'ayant plus peur de la solitude, en ayant traversé ses maques, c'est game over pour les jeux de pouvoir de dépendance (avec les attentes et les reproches et tentatives de contrôle de l'autre) ou distance (fuite, rejet). Ayant reconnecté l'amour de soi parce qu'il y a eu un stop à son programme de survie, tout ce qui relève de la survie dans les liens n'est juste plus supportable ni acceptable. Quand on est devenu si vulnérable, les jeux psychologiques de survie sont ressentis dans tous le corps comme étant extrêmement violents, la seule voie possible est un amour sans jeux de pouvoir, là où chacun se montre à l'autre dans sa vulnérabilité, sans carapace, dans son être véritable. Rien d'autre n'est alors possible que l'amour inconditionnel.

 

 

 

Suite à tout ce chemin, il était devenu évident pour moi que j'allais mettre en place une pratique basée sur le développement des ressources intérieures avec de l'action comme en coaching, de l'auto-observation et de l'acceptation comme en spiritualité, mais aussi un travail corporel pour ressentir et s'ancrer dans son corps ce qui permet de construire un vrai ancrage et la sécurité intérieure car c'est là qu'elle se trouve et non pas dans notre mental. Comme ce sont surtout nos relations affectives qui viennent nous montrer nos souffrances, j'ai mis en place un accompagnement basé sur les schémas affectifs. Et comme mon chemin m'a permis de rentrer dans les rouages de l'ego, de comprendre son fonctionnement, ses mécanismes, j'ai mis en place une deuxième pratique de Présence à Soi.